Promouvoir une hévéaculture durable

Le 7-05-2010 par Challenge Bibendum

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Points clés :
Près de 70 % de la production mondiale de caoutchouc naturel est consommée par l’industrie du pneumatique. Cette ressource naturelle renouvelable issue de l’hévéaculture est cependant soumise à de fortes fluctuations de cours et à une demande croissante risquant de mettre en péril la pérennité des approvisionnements.

Une majorité de petits planteurs

Plus de 80 % de la production mondiale de caoutchouc naturel est assurée par des petits planteurs sur des parcelles de 0,5 à 3 hectares.

L’Indonésie et la Thaïlande sont les plus gros producteurs avec près de 60 % de la production mondiale. Au total, les plantations d’hévéas occupent 10 millions d’hectares dans le monde, pour une production estimée à près de 10 millions de tonnes de caoutchouc naturel par an.

Michelin n’achète pas directement aux petits planteurs, mais s’approvisionne essentiellement en Asie auprès des usines de production qui transforment le latex apporté par les petits planteurs. Plus de 94 % de la production mondiale de caoutchouc naturel vient d’Asie.

Un outil de développement exemplaire

Les atouts économiques, sociaux et environnementaux de l’hévéaculture en font une culture par essence très durable. Comparée à d’autres cultures comme celles de l’eucalyptus, l’hévéaculture nécessite une importante main-d’oeuvre sur le terrain, environ un homme pour 3 à 5 hectares. Au niveau mondial, elle génère ainsi près de 6 millions d’emplois ruraux et fait vivre 20 millions de personnes. Sur le plan environnemental, les plantations d’hévéas absorbent le carbone atmosphérique et contribuent ainsi à la lutte contre le changement climatique.

D’après le bilan carbone réalisé par l’Université Catholique de Louvain avec Michelin, les plantations d’hévéas permettent d’absorber l’équivalent de 8 tonnes de CO₂ par hectare et par an. Elles donnent ainsi droit à des crédits carbone dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre (MDP) défini par le Protocole de Kyoto. Comme toute culture forestière, elles participent aussi à la préservation des sols et des écosystèmes.

Michelin, acteur majeur de l’hévéaculture

Michelin est d’abord présent en tant qu’acheteur de caoutchouc naturel, pour environ la moitié de sa consommation totale d’élastomères et près de 10% de la production mondiale. Michelin est aussi présent historiquement dans l’hévéaculture par le biais de sa plantation d’hévéas du Brésil et sa participation à hauteur de 20 % dans la SIPH (Société Internationale de Plantations d’Hévéas) qui détient des filiales dans plusieurs pays africains : SAPH (Société Africaine de Plantations d’Hévéas, Côte d’Ivoire, 6 plantations), GREL (Ghana Rubber Estates Limited, Ghana, une plantation), PGN (Plantation Group Nigeria, quatre plantations nigérianes autrefois détenues par le Groupe et cédées en septembre 2006 à la SIPH), CRC (Cavalla Rubber Corporation, Liberia, une plantation).

Cette présence directe dans l’hévéaculture est importante : si elle ne couvre que 11 % de notre consommation de caoutchouc naturel, elle nous permet de maintenir notre expertise technique et d’expérimenter des pratiques culturales innovantes contribuant à la diffusion d’une hévéaculture durable.

Par exemple, sur la plantation brésilienne de Bahia est expérimenté le principe d’agroforesterie : il s’agit de combiner sur une même parcelle la culture de l’hévéa avec celle des bananiers et des cacaoyers. Ce système, appliqué sur les 12 parcelles de la plantation ainsi que dans le cadre du programme d’agriculture paysanne engagé par Michelin dans la région (plus de 1 500 familles participantes), permet d’assurer aux planteurs des revenus plus réguliers. Depuis le démarrage du projet en 2005, 2 550 hectares d’hévéas et 2 000 hectares de cacao ont été plantés.

Soutenir la recherche agronomique

Michelin a développé des partenariats avec plusieurs organismes de recherche pour contribuer aux progrès scientifiques sur l’hévéaculture. Cette collaboration permet notamment de lutter plus efficacement contre un champignon, le Microcyclus Uleï, qui attaque les feuilles de l’hévéa en Amérique du Sud et pourrait se propager aux plantations d’Asie ou d’Afrique.

En collaboration avec le CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement), le Groupe contribue notamment à mettre au point des variétés résistantes au champignon. Ces recherches permettent également de sélectionner et de reproduire des variétés d’hévéas adaptées à des conditions climatiques différentes et d’améliorer la productivité.

Protéger la biodiversité des forêts tropicales

La plantation de Bahia, sur la côte brésilienne, englobe 1 350 hectares de forêt atlantique primaire originelle. Cette forêt tropicale est l’une des plus menacées au monde. Dans le cadre du projet Ouro Verde, Michelin a reconstitué une réserve écologique, mise à disposition de la communauté scientifique. Michelin mène aussi des actions visant à développer une sensibilité écologique au sein de la communauté régionale.

Des conditions de travail contrôlées

Sur les propres plantations de Michelin, au Brésil, les normes locales et internationales en matière de droit et de conditions de travail sont strictement respectées. En Afrique, la SIPH s’est engagée à s’assurer que les conditions de travail dans les plantations d’hévéas respectent les principes de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Des programmes de santé sont aussi déployés. Sur les plantations de Côte d’Ivoire, la SAPH a ainsi signé une charte de lutte contre le SIDA avec dépistage confidentiel des employés volontaires ainsi que des populations riveraines, prévention de la transmission mère-enfant et prise en charge gratuite des soins de trithérapie des personnes détectées positives. Un programme de prévention du paludisme sera lancé en 2009.

Pour tous les fournisseurs du Groupe de caoutchouc naturel, en Afrique et Asie du Sud-Est, des audits réguliers permettent de contrôler les conditions de travail dans les usines (tous les ans pour les grosses usines et au maximum tous les deux ans pour les plus petites). Un non-respect des exigences Groupe peut entraîner la suspension du contrat, voire la déshomologation en cas d’infractions répétées.

Pour aller plus loin...



Catégories : Changement climatique - Mobilité durable

Mots clés : Brésil - gaz à effet de serre