Points clés :
Conscient du rôle essentiel joué par les écosystèmes et de leur fragilité, le Groupe Michelin met en œuvre depuis plusieurs années des actions de préservation autour de plusieurs de ses sites et intègre pleinement cet enjeu dans sa démarche Performance et Responsabilité Michelin.
Un écosystème est un ensemble dynamique formé de plantes, d’animaux, de micro-organismes et de leur environnement non vivant, ensemble à l’intérieur duquel se produisent des échanges cycliques de matières et d’énergie. D’après l’étude approfondie Millenium Ecosystem Assessment (Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire) coordonnée par le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), les activités humaines ont entraîné ces 50 dernières années des modifications des écosystèmes plus rapides et importantes que sur aucune autre période de l’histoire, avec une perte élevée et en grande partie irréversible de la diversité biologique. Les spécialistes considèrent que la dégradation des écosystèmes sera bientôt pour les entreprises un enjeu d’importance équivalente au réchauffement climatique, qui en est une des causes.
Les personnes ont besoin d’écosystèmes en fonctionnement stable pour vivre. Les entreprises aussi ! Elles en dépendent étroitement, que ce soit pour leurs besoins en ressources naturelles (bois, aliments, plantes, minerais, eau, etc.) ou du fait de leur rôle de régulation écologique (purification de l’air, de l’eau et des sols, pollinisation, etc.). Mais elles sont aussi parmi les responsables directs ou indirects de leur dégradation.
Dans le cadre du projet Ouro Verde (“Or Vert“) mené sur la plantation d’hévéas de Bahia, Brésil, Michelin mène depuis 2003 des actions de préservation de la forêt atlantique primaire, fortement menacée par la déforestation. Trois parcelles de forêt atlantique primaire, d’une surface totale de 800 hectares, présentant une biodiversité exceptionnelle, étaient initialement situées sur la plantation. Une parcelle supplémentaire de 550 ha a été achetée et 1 650 ha de couloirs écologiques créés pour relier les parcelles entre elles, et planter des espèces natives entre les rangées d’hévéas. Au total, cette réserve écologique atteint maintenant 3 000 ha. Cette opération est une première expérience mondiale d’enrichissement d’espèces à l’ombre des hévéas. Elle permettra d’ici 20 ans de reconstituer un ensemble continu de forêt atlantique.
Gérée par un Docteur en Écologie et Évolution et disposant d’une pépinière créée à partir de graines natives réunissant 35 000 unités de 100 espèces différentes, la réserve constitue un territoire d’observation privilégié pour la communauté scientifique ainsi que pour les visiteurs, qui disposent de sentiers de promenade pédagogiques. Le Centre d’Étude de la Biodiversité fournit aux scientifiques du monde entier un vaste laboratoire à ciel ouvert sur la forêt atlantique. Il peut accueillir 29 chercheurs, avec l’équipement nécessaire à leurs travaux. Michelin contribue à financer certains des travaux de recherche, dont 36 études en cours sur la biodiversité.
La communauté locale n’est pas oubliée : le programme Connaître la forêt atlantique vise à sensibiliser les communautés locales aux enjeux écologiques, avec des visites guidées de la réserve, des excursions pour les écoles de la région et le centre Michelin de Référence Environnementale où les visiteurs peuvent trouver des informations détaillées sur l’écosystème local.
Aux États-Unis, Michelin participe au programme Wildlife And Industry Together (W.A.I.T.) qui encourage la mise en œuvre de mesures de protection des habitats des espèces sauvages sur les terrains détenus par des entreprises. Le centre d’essais de Laurens depuis 1998 puis le centre de recherche de Greenville, les usines de Lexington, Sandy Springs et Starr sont ainsi certifiés W.A.I.T. Des employés volontaires participent a des actions comme la création de la“Carolina Fence“, clôture de bois typique de Caroline du Sud qui intègre des espèces végétales pérennes locales et des abris pour oiseaux. Des actions de sensibilisation sur ces sujets sont réalisées dans les écoles voisines.
Créé en 1973, le Centre d’Expérimentation Michelin d’Almería (CEMA) occupe 4 500 hectares dans le sud de l’Espagne, dont 1 500 hectares intégrés au Parc Naturel de Cabo de Gata-Níjar. Ce parc, créé en 1987, est situé dans une zone désertique qui présente la plus faible pluviométrie d’Europe. Il abrite une faune et une flore très spécifiques, dont de nombreuses espèces présentes uniquement sur cette zone. Depuis la création du CEMA, le respect de l’environnement et l’intégration dans ce cadre privilégié et singulier ont toujours été des objectifs prioritaires. Ce centre d’expérimentation est certifié ISO 14001 depuis 2005. La volonté de Michelin de contribuer à un développement responsable autour de ce site s’est traduite par plusieurs directives :
- directives pour la construction des pistes d’essais : création de “barrières vertes” (couverture végétale fixant le terrain sur les talus), canalisation des eaux de pluie pour éviter l’érosion, bassins de filtration des eaux de pluie vers la nappe phréatique, plantation de plus de 300 000 arbres et arbustes contribuant à la lutte contre l’érosion, interdiction de construire des pistes sur la zone protégée ;
- directives pour la réalisation des tests : mise au point de méthodes de test économes en carburant, projet de recherche visant à réduire les émissions et les déchets ;
- directives générales : intégration de mesures environnementales dans les plans de progrès annuels, réalisation d’études visant à minimiser les déchets industriels, traitement des eaux résiduelles et réutilisation pour l’arrosage des pistes ; ces actions ont par exemple permis de préserver un spécimen de Dracaena Draco, arbre originaire des Îles Canaries, situé sur les terrains appartenant au Groupe et âgé de plus de 500 ans.
Afin d’évaluer les relations entre l’activité industrielle du Groupe et les écosystèmes, Michelin a testé en 2008 sur son usine hongroise de Nyiregyhaza la méthode ESR (Ecosystem Services Review) développée par le World Resources Institute, le World Business Council for Sustainable Development et le Meridian Institute. Cette méthode vise à identifier les risques et opportunités pour les entreprises des évolutions prévisibles de l’équilibre des écosystèmes.
L’évaluation a été menée par un ingénieur Michelin participant au programme Future Leaders Team du WBCSD, avec le soutien d’une spécialiste en environnement du Groupe et l’appui des managers de l’usine. Cette première étude a fait ressortir de façon claire et structurée le lien de l’usine vis-à-vis des écosystèmes, notamment l’air et l’eau. L’objectif est maintenant de déployer progressivement cette méthode à d’autres sites.
Catégories : Changement climatique - Mobilité durable
Mot clé : Brésil
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