Singapour : taxes et restrictions pour maîtriser la circulation
Le 15-05-2010 par Challenge Bibendum
Points clés :
Depuis les années 1970, la ville-Etat de Singapour multiplie les initiatives en tous genres pour fluidifier la circulation et limiter la pollution. Deux mesures principales ont été mises en place pour gérer le trafic : un système de péage urbain (le premier au monde), et un système de quota du nombre de véhicules en circulation.
Ville-État extrêmement dense, confinée sur un territoire réduit, Singapour n’a pas voulu laisser proliférer les encombrements. D’autant que le niveau de vie élevé des habitants autorise l’acquisition de véhicules.
Depuis les années 1970, Singapour multiplie donc les initiatives de tous ordres pour fluidifier la circulation et limiter la pollution. Le plan d’urbanisation rapproche systématiquement habitat, lieux de services et de travail, pour minimiser la longueur des trajets. Des panneaux informatisés renseignent les conducteurs sur l’état du trafic dans le centre des affaires.
En 1975, "l’Area Licence Scheme" (ALS), un système de péage à distance, était mis en place pour réguler la circulation et éviter les embouteillages dans ce même centre en fonction de l’heure. A ses débuts, ce système novateur fonctionnait grâce à des autocollants payants à apposer sur le pare-brise.
Puis, en avril 1998, un nouveau système de péage routier entièrement électronique, l’ERP (pour Electronic Road Pricing en anglais) a vu le jour, remplaçant l’ancien système de péage à distance (ALS).
Plus rapide mais aussi plus flexible, l’ERP définit différents tarifs en fonction du type de véhicule, des lieux et des périodes. Depuis sa mise en place, la vitesse des voitures est maintenue à un niveau optimal, de 45-65 km/h pour les voies rapides et de 20-30 km/h pour les axes du centre-ville.
A l’image de Singapour qui fut la première ville à adopter ce système, d'autres villes dans le monde utilisent désormais le principe de péage urbain : Oslo, Stockholm, Bergen ou encore Trondheim. Le péage urbain de Londres a été mis en place en 2003 après que des officiels londoniens aient visité Singapour et observé le fonctionnement de l’ERP.
Depuis 1991, le "Week-end car scheme" favorise – avec des réductions sur les taxes d’importation et d’enregistrement du véhicule – les conducteurs n’utilisant leur automobile que durant les jours de congé. Ils peuvent acheter au besoin des permis de circuler en semaine.
Les taxes d’importation et d’enregistrement, très élevées, limitent l’achat de véhicules. De plus, elles augmentent avec la cylindrée. Les importations sont d’ailleurs soumises à des quotas globaux et le droit d’acquérir un véhicule s’achète aux enchères. Ce système, appelé le Vehicle Quota System (VQS), a été mis en place en mai 1990 pour contrôler la croissance du nombre de véhicules. En parallèle du système de quota VQS, les automobilistes doivent obtenir un certificat pour pouvoir enregistrer leurs véhicules, à travers un processus très compétitif d’enchères.
Pour compenser ces restrictions, Singapour met à disposition de ses habitants un système particulièrement efficace de transport collectif, à base de bus en voie propre. La cité a ainsi réussi à contenir le trafic et la pollution locale dans des limites acceptables malgré une situation géographique défavorable.
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