Accueil Découvrir les solutions Mobilité urbaine L’autopartage, la voiture comme service

L’autopartage, la voiture comme service

Le 12-05-2010 par Challenge Bibendum

Retour section

Bookmark and Share

Points clés :
L’engouement autour du projet parisien Autolib’, qui propose la mise à disposition d’une flotte de véhicules électriques en libre-service dans la capitale et ses alentours (prévue pour 2011 – 2012), a mis au goût du jour l’idée de l’autopartage. Le concept de la voiture partagée n’est pas si nouveau puisque des sociétés d’autopartage existent depuis environ 20 ans dans des pays comme la Suisse ou l’Allemagne. Le concept reste peu connu mais commence à susciter l’intérêt des acteurs de l’automobile et des transports.

Qu’est-ce que l’autopartage ?

Auto(-)partage, voiture partagée, voiture en libre-service,… une multitude de mots désigne la même idée. La définition du concept retenue par Wikipedia est assez représentative :

"L’autopartage est un système dans lequel une société, une agence publique, une coopérative, une association ou même un individu met à la disposition des membres du service d'autopartage une flotte de véhicules". Il s’agit d’une forme de location de courte durée qui permet de bénéficier des avantages de la voiture, sans s’encombrer des inconvénients.

A ne pas confondre avec le covoiturage qui consiste à partager un même trajet avec une personne propriétaire de son véhicule et avec la location de voiture, puisque le principe de "libre-service" est au cœur du fonctionnement du système. Les véhicules sont garés dans plusieurs endroits-clés d’une ville, ils sont disponibles 24h/24 et la réservation, pour de courtes durées, se fait à distance (Internet ou téléphone mobile). L’autre grande différence est la formule du "tout-compris". Les principes de tarifications comprennent les frais tels que le carburant ou l’assurance, les abonnés payent ce qu’ils consomment : au kilomètre et/ou au temps passé.

Raisons d’un engouement

Le potentiel économique que représente l’autopartage se mesure d’abord à l’ampleur que le phénomène a pris hors des frontières nationales et ce sur tous les continents. En Europe, l’Allemagne recense près de 100 000 utilisateurs de l’autopartage et la Suisse près de 90 000. Aux Etats-Unis, ce sont plus de 300 000 utilisateurs qui adhèrent à un service tel que celui proposé par la société Zipcar. Ailleurs dans le monde, au Japon ou en Australie, les sociétés d’autopartage se développent également. En France, un pays où l’autopartage est encore embryonnaire, la tendance est partie pour s’inscrire durablement puisque avec environ 10 000 utilisateurs, la croissance du nombre d’adhérents à une structure d’autopartage a presque doublé en 2 ans.

Les tendances actuelles permettent de prévoir de réelles perspectives pour l’autopartage. La possession d’un véhicule est ressentie comme de plus en plus contraignante : prix de l’entretien, du carburant, congestion des axes routiers en milieu urbain, difficultés de parking,… Par ailleurs, les collectivités locales sont de plus en plus sensibles à l’intégration de la problématique transport à une stratégie Développement Durable. Elles développent les moyens et outils qui permettront de passer du "tout-voiture, à la multimodalité. La voiture doit être un mode de déplacement complémentaire d’autres modes tels que les transports en commun, le vélo, la location de voitures,… En fonction, de ses exigences de temps, de distance et autres contraintes, les usagers choisiront dans un bouquet de transports lequel est le plus approprié.

Les grands acteurs prennent position sur le créneau de l’autopartage

Les "success stories" de certaines sociétés d’autopartage telles que Mobility CarSharing en Suisse ou Zipcar aux Etats-Unis poussent certains acteurs traditionnels des transports ou de l’automobile à se positionner sur ce secteur. Complémentaire à leur cœur de métier, l’autopartage est souvent le moyen de mettre en avant certaines synergies et donc de proposer des services de mobilité qui ont un réel potentiel économique à moindre frais. Voici quelques exemples de sociétés s’étant positionnées sur le secteur de l’autopartage :

  • Loueur de courte durée : Hertz avec le service ConnectbyHertz à Londres et Paris
  • Opérateur de transport : Veolia Transport avec Mobizen à Paris
  • Constructeur d’automobiles : Daimler avec Car2Go à Ulm

Cependant, ces mêmes entreprises comprennent de plus en plus que proposer un service d’autopartage en complément de leurs activités traditionnelles n’est pas suffisant pour attirer le plus grand nombre. Trois tendances actuelles permettent « d’industrialiser » le service.

1-Intégrer l’autopartage aux services locaux de mobilité

La mise en place de partenariats locaux avec des opérateurs de transport en commun et / ou collectivités territoriales permet de répondre aux besoins de mobilité des utilisateurs que l’abandon de la voiture personnelle peut engendrer. L’autopartage est de plus en plus conçu comme une composante du Bouquet Transport sur un territoire. Les avantages d’un partenariat s’illustre par l’exemple d’Auto’trement à Strasbourg dont la formule tarifaire permet une réduction de 10 à 15% de réduction sur l'abonnement au CTS (Compagnie des Transports Strasbourgeois) ainsi que des réductions sur la location traditionnelle de véhicules (Budget, Ucar, Europ Car, Avis). A Londres, TfL (Transport for London) déploie une stratégie de promotion de l’Autopartage à travers différents moyens comme la subvention de "car clubs", la mise en place de campagnes de communication et la possibilité pour les adhérents des sociétés labellisées par la Ville d’utiliser leur propre carte de transport, la carte Oyster, pour accéder aux véhicules.

2-Déployer les outils de proximité qui simplifie l’utilisation du service

L’immédiateté et la simplicité du service conditionnent l’adhésion des utilisateurs. C’est pour cette raison que rapidement les sociétés d’autopartage ont mis en place un parcours client basé sur l’utilisation d’outils comme le téléphone portable ou une carte sans contact pour réserver et accéder aux véhicules. La dernière nouveauté étant l’application iPhone développée par la société américaine Zipcar.

3-Diversifier les cibles

Depuis quelques années, les sociétés d’autopartage diversifient leurs cibles et leurs offres en s’adressant aux professionnels leur permettant d’optimiser l’utilisation de leurs flottes, notamment pendant les jours de la semaine et d’augmenter leur base de clientèle. La société Carbox Services en a fait son modèle économique unique puisqu’elle propose la "délégation" de flottes de véhicules partagés sur les sites des professionnels et remplit dans certains cas d’autres services, tels que la maintenance de la qualité du service sur place.

L’autopartage, service idéal pour introduire le véhicule électrique ?

Dans l’idée de trouver un marché au véhicule électrique, pouvoirs publics et industriels voient dans les expériences d’autopartage un modèle possible de déploiement.

  • Premièrement, les utilisations faites du véhicule correspondraient aux usages envisagés pour le véhicule électrique compte tenu de ses contraintes d’autonomie : parcours courts, en milieu urbain, places dédiées pour la recharge,…
  • Deuxièmement, les parcours clients basés sur des outils technologiques mobiles laissant une grande autonomie à l’utilisateur permettent d’imaginer les futures utilisations des bornes de recharge. Ainsi, la société Coulomb Technologies a mis en place une solution basée sur les mêmes outils de télématique intelligente que certaines solutions d’autopartage, permettant d’authentifier l’abonné à un futur réseau de recharge, de connaître en temps réel la disponibilité des bornes de recharge, de collecter les informations sur la consommation d’énergie de l’abonné, …
  • Enfin, les modes de financement et d’implantation des sociétés d’autopartage impliquant les autorités locales peuvent préfigurer les modèles de déploiement des véhicules électriques : délégation de service public, déploiement et financement des infrastructures de recharge, mise à disposition de places de parkings,…

La prise en charge du déploiement du futur système Autolib’ par un syndicat mixte réunissant les collectivités territoriales impliquées dans le projet sont un exemple du modèle que pourrait prendre le déploiement du véhicule électrique en libre-service dans les villes.

Sociétés mentionnées :

L’Observatoire du Véhicule d’Entreprise a publié une étude complète sur le thème de l’autopartage : L'autopartage en France et dans le monde, la mobilité de demain ?

A lire aussi dans cette rubrique :

- Stockholm, la ville verte
- L’apport de la technologie pour limiter les encombrements
- Singapour : taxes et restrictions pour maîtriser la circulation
- Les outils de la multimodalité
- IBM au cœur des systèmes de transport intelligent
- Un nouveau prix pour les "Capitales Vertes" de l'Europe
- Des solutions "organisationnelles" contre les encombrements



Catégories : Autopartage - Covoiturage - Mobilité urbaine - Véhicules

Mots clés : Infrastructure - Transport

L'AUTEUR

Challenge Bibendum

Plus d'articles de Challenge Bibendum

Suivez nous sur